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 Falstaff (Verdi, 1893)

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calbo
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MessageSujet: Falstaff (Verdi, 1893)   Dim 24 Fév - 14:34

Verdi avait 80 ans lorsque l'on joua la première de Falstaff (1893). Il avait fait mis un point final à sa carrière de compositeur 6 ans auparavant sur ce qui devait être son ultime chef-d'oeuvre, Otello. Mais, deux ans plus tard, en 1889, le librettiste Boito, avec lequel Verdi avait eu des relations parfois houleuses, décide de relancer le vieil homme sur un nouveau livret, un éclat de rire, une "immense explosion d'hilarité" (ce sont les termes mêmes de Boito, exprimés dans une lettre à Verdi). Les craintes de ne pouvoir terminer l'ouvrage sont balayées, et Verdi se met au travail début 1890, lorsque Boito termine le livret. Celui-ci est tiré principalement des Joyeuses Commères de Windsor de Shakespeare - oeuvre de circonstance que Shakespeare avait écrite pour satisfaire la reine Elizabeth Ie qui désirait retrouver sur scène le personnage de Falstaff qui lui avait tant plus dans Henry IV.
Ecrite par Shakespeare en deux semaines, cette pièce est bâtie sur une trame mince : c'est l'histoire d'une farce (au sens propre du terme) faite par trois femmes de caractère à un coureur de jupons imbu de sa personne - l'esquire Falstaff en personne -, trame dans laquelle se glisse une touchante histoire d'amour contrarié entre deux adolescents transis. Cette histoire, a priori sans grand intérêt, recèle pourtant ses joyaux : le personnage formidable de Falstaff (dont on peut difficilement faire le tour, au propre comme au figuré), l'histoire d'amour contrarié qui sert de contrpoint lumineux à la farce vaguement scabreuse, la scène finale dans la forêt, la nuit, où Shakespeare nous convie à un jeu virtuose : nous sommes dans la farce, loin de tout merveilleux, et pourtant, le merveilleux intervient... Boito simplifie cette pièce, pour l'opéra - quelques pans de l'intrigue tombent, des personnages disparaissent ou "fusionnent" - mais il emprunte également à Henry IV une longue tirade d'anthologie.
Falstaff n'est pas un personnage tout à fait sympathique : il est trop avide de bonnes choses pour penser à son prochain. Ce n'est pas non plus un héros, il est trop vieux, trop près de la mort. Pendant qu'il composait, Verdi s'est identifié à ce personnage, ce qui nous vaut des pages où se mêlent drôlerie et tendresse, où la moquerie n'est jamais méchante. C'est aussi le propre des génie de pouvoir aborder tous les sujets, tous les personnages de la terre sans tomber dans la vulgarité, la bêtise ou la méchanceté. Verdi avait un compte à régler avec la comédie : son premier opéra-bouffe, Un giorno di regno, fut un échec. Sa composition se place dans la période la plus noire de la vie de Verdi, et l'on ne peut en aucun cas le juger sur le fait qu'il n'ait pas réussi à insufler à sa musique, pendant cette période, l'éclat, la "vis comica" qui lui manquent. C'est avec les tragédies les plus noires et les plus sinistres que Verdi a connu la gloire. Mais, au fil du temps, Verdi avait parfois insuflé à certaines de ses pages une veine sinon comique, du moins "bouffe", un ton plus léger, comme on en trouve, par exemple, dans Rigoletto, la Force du destin et surtout Un Bal masqué (sans doute le plus bel opéra de Vedri avec Otello et Falstaff). Verdi n'a jamais semblé mal à l'aise avec les conventions de l'opéra : ayant fait ses classes sur le "grand drame à l'italienne" en 4 actes, il s'est parfaitement adapté au "grand opéra à la française" en 5 actes avec ballet, ainsi qu'à toutes les scènes du monde (n'oublions pas Le Caire !) qui lui ont passé commande. Une telle apparence de soumission ne pouvait laisser présager combien Verdi allait transcender les genres pour créer une sorte de canon de l'opéra idéal.
Depuis que l'homme chante accompagné d'un instrument, la musique "derrière la voix" a presque toujours été considérée comme une accompagnement, plus ou moins complexe, de bonne ou de moins bonne qualité, mais rarement la voix humaine avait été traitée comme un instrument. C'est pourtant le cas ici : le chanteur n'a aucun soutien, Verdi traite les voix dans l'ensemble de la pâte orchestrale. Cela ne nuit pas, au contraire, à la compréhension du texte, qui sonne étonamment clair ici, car, si la ligne mélodique vocale n'est pas soutenue, c'est le sens du texte qui en bénéficie. La musique suit le texte, non dans son rythme, non dans sa couleur, mais dans son sens : elle rit avec lui, elle accentue les petits drames et les tensions, elle expose l'énormité du chevalier formidable, elle irradie de tendresse envers les deux amoureux et ensorcelle dans la féerie du dernier acte. Une musique prodigieusement belle, culminant en drôlerie dans le second acte ("reverenzia" !), et en féérie au troisième, une scène de la forêt digne du Songe d'une Nuit d'été. Rarement autant de beauté aura été conjuguée à autant de drôlerie.

source : http://www.kulturica.com/musique/falstaff.htm

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MessageSujet: Re: Falstaff (Verdi, 1893)   Dim 24 Fév - 14:34

L'argument

L'action se déroule à Windsor sous le règne d'Henry IV (1399-1413)

Acte 1
A l'auberge de la Jarretière
Le Dr Caïus accuse Sir John Falstaff, vieux libertin, d'être entré chez lui par effraction et ses deux acolytes Bardolph et Pistol, de lui avoir vidé les poches. Commandant tranquillement à l'aubergiste une bouteille de Xérès, Falstaff refuse de réparer ses torts. Quant à Bardolph et Pistol, ils nient tout. Sans avoir obtenu satisfaction le Dr Caïus quitte l'auberge en pestant. Falstaff examine la note et reproche à ses serviteurs de gaspiller à tout va. Après avoir déchargé sa bile, Falstaff leur fait part d'un nouveau plan pour améliorer ses finances. Il doit, en effet, subvenir à sa superbe bedaine, dont le royaume va en s'agrandissant. Il projette de séduire Alice Ford et Meg Page, l'une et l'autre épouses de riches bourgeois de Windsor. Prétextant des principes d'honneur Bardolph et Pistol refusent de porter les lettres d'amour de Sir John aux deux dames. Falstaff confie les lettres à un page et renvoie les deux scélérats, non sans leur avoir fait d'abord un long sermon sur la faillite de l'honneur.
Un jardin
Meg Page et Mrs. Quickly retrouvent dans le jardin de la maison de Ford sa femme Alice et sa fille Nanette. Alice et Meg se montrent les lettres "scélérates" de Falstaff et découvrent qu'elles sont identiques. De concert avec Mistress Quickly et Nanette, elles expriment leur emportement dans un bref quatuor sans accompagnement et jure de mystifier Falstaff. Tandis qu'elles s'éloignent, entrent Ford, Caïus et le jeune Fenton, Bardolph et Pistol. Ford est révolté ; les deux larrons renvoyés par Falstaff viennent de lui révéler les intentions de leur ancien maître. Bardolph et Pistol mettent les points sur les "i" ; Alice et Ford décident chacun de faire preuve de prudence dans cette affaire. Dans un interlude, les jeunes amoureux, Fenton et Nanette profitent de la confusion générale pour échanger furtivement quelques baisers. Les femmes réapparaissent momentanément en scène pour mettre au point leur plan ; MQ se rendra à l'Auberge de la Jarretière auprès de Sir John afin d'arranger un rendez-vous galant entre Alice et lui. Un deuxième flirt de Nanette et Fenton est interrompu par l'arrivée des hommes. Ignorant ce que trament les femmes, les hommes mettent au point leur propre plan : sous un faux nom, Ford ira trouver Falstaff pour le compromettre dans un complot. Dans un ensemble, les femmes et les hommes joignent leurs voix pour exprimer leurs sentiments ; puis les hommes quittent les lieux et les femmes se moquent en riant aux éclats de la présomption de Falstaff. Seul, Fenton tout occupé par ses amours, voit l'affaire avec recul.

Acte 2
A l'auberge de la Jarretière
Feignant de se repentir, Bardolph et Pistol reprennent leur service auprès de Falstaff. Et font entrer Mrs. Quickly qui, en recourrant à la flatterie, arrange des rendez-vous entre Falstaff et Alice pour le jour même "entre deux et trois". Quickly partie, Falstaff se réjouit d'être toujours aussi irrésistible. Quelques instants plus tard arrive un second visiteur, "Signor Fontana", Ford déguisé, qui fait une offre alléchante. Prétendant éprouver un amour non partagé pour Alice, demande à Falstaff, bourreau des coeurs pliens d'expérience, de séduire l'épouse de Ford, et ainsi de lui préparer le terrain. Falstaff accepte, révélant qu'Alice lui a déjà donné un rendez-vous. Ford en est abasourdi. Sir John étant parti pour se changer pour le rendez-vous, Ford laisse progressivement libre cours à sa rage ; il a désormais perdu toute confiance en sa femme, l'idée d'être trompé lui est insupportable et il jure de se venger de l'insulte qui lui est faite. Fa revient et les deux hommes quittent l'auberge.
Une grande salle dans la maison des Ford
Alice et Meg sont encore en train de rire aux dépends du gros Falstaff quand arrive Mrs. Quickly, venue donner des nouvelles de son entrevue avec Falstaff. Après qu'Alice a rassuré la pauvre Nanette en lui promettant qu'elle n'aura pas à épouser le Dr Caïus comme le veut son père, les femmes arrangent la pièce pour la visite de Falstaff et préparent leur coup. Falstaff ne tarde pas à se présenter et s'empresse de faire la cour à Alice. Il est cependant interrompu par l'irruption de Mrs. Quickly, venue prévenir que Meg arrive ; Falstaff est forcé de se cacher derrière un paravent. Meg annonce à son tour que Ford est en route vers chez lui avec une bande d'hommes jurant vengeance. Entre Ford, qui hors de lui, fouille vainement les lieux à la recherche de Falstaff, il va même jusqu'à aider à sortir le contenu d'une corbeille à linge. Lorsqu'il sort pour continuer ses recherches, les femmes font rentrer Falstaff, terrorisé, dans la corbeille pour lui permettre d'échapper à ses poursuivants. Tandis qu'elles le recouvrent de linge sale, Fenton et Nanette se glissent derrière le paravent pour s'étreindre en secret. C'est alors que Ford et ses hommes reviennent et, entendant soudain le bruit d'un baiser, ils sont persuadés qu'Alice et Falstaff se trouvent derrière le paravent. D'un lent mouvement convergent, ils s'en approchent pour découvrir… Fenton et Nanette ! Cela ne fait naturellement qu'augmenter la fureur de Ford. Les hommes s'éloignent et les femmes chargent les serviteurs de jeter le contenu de la corbeille à linge par la fenêtre, c'est à dire dans la Tamise. Alice fait venir Ford pour qu'il assiste au spectacle de Falstaff pataugeant dans le fleuve.

Acte 3
Une grande salle dans la maison des Ford
Trempé, Falstaff commande un verre de vin chaud qui le fait passer progressivement de ronchonnements de désolation à une humeur joviale. Survient Mrs. Quickly qui affirme (tandis que les autres l'observe Falstaff à son insu) qu'Alice désire le rencontrer de nouveau, cette fois à minuit, dans la forêt de Windsor ; pour que le secret soit bien gardé, Falstaff devra porter les cornes du mystérieux "chasseur noir". Tandis que Quickly et Falstaff, qui se montre à nouveau intéressé, rentrent dans l'auberge pour poursuivre leur conversation, Alice raconte la fin de la légende du "chasseur noir" et prépare les autres personnages à la mascarade nocturne, l'ultime farce que l'on s'apprête de jouer à Sir John. En aparté, Ford promet à Caïus qu'il pourra épouser sa fille le soir même et lui rappelle qu'il devra porter le déguisement convenu. Quickly épie la conversation sans être aperçue des deux hommes.
Le parc de Windsor
Dans ce décor nocturne, Fenton chante un sonnet pour Nanette, comparant la musique à des baisers. Falstaff fait son apparition avec les bois de cerf fixés sur la tête. Il compte avec appréhension les douze coups de minuit ; puis il retrouve Alice et entreprend aussitôt ses manoeuvres de séduction. On entend soudain Meg crier au secours et Falstaff croit entendre des voix de fées. Pour se protéger, il s'étend de tout son long par terre. Survient Nanette, déguisée en Reine des fées, entourées de jeunes filles du voisinage portant des costumes semblables. Elle chante une belle mélodie féerique. Les autres personnages arrivent à leur tour, eux aussi déguisés. Bardolph trébuche sur Falstaff allongé par terre et les autres le tourment en l'insultant, le pinçant et le battant. Devant cet assaut, Falstaff se repent. Il ne tarde pas à découvrir que ses bourreaux ne sont pas des êtres surnaturels, mais des humains ; il accepte finalement son châtiment de bonne grâce, Ford annonce l'approche de la procession nuptiale et consent à marier un second couple, semblablement déguisé. Après avoir procédé au mariage, il réalise qu'il a marié malgré lui Nanette à Fenton et Caïus à Bardolph. Ford admet lui aussi avoir été berné et bénit le mariage de sa fille. Tous les participants unissent leurs voix dans une fugue de réconciliation.

Source : http://membres.multimania.fr/andros/b/verdi.htm

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MessageSujet: Re: Falstaff (Verdi, 1893)   Dim 24 Fév - 14:35

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MessageSujet: Re: Falstaff (Verdi, 1893)   Dim 24 Fév - 14:35

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