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 Guillaume de Machaut (vers 1300 1377)

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calbo
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MessageSujet: Guillaume de Machaut (vers 1300 1377)   Mer 4 Avr - 11:07

Machaut est probablement né et a reçu son éducation dans la région de Reims (son nom dérive très vraisemblablement de son lieu de naissance, qui serait le village de Machault, à environ 40 kilomètres à l'est de Reims dans les Ardennes). Il fut employé comme secrétaire de 1323 à 1346 par Jean Ier de Bohême, avec lequel il acquit l'amour de la fauconnerie, de la chevalerie et des aventures ; il devint de surcroît prêtre durant cette période. Il a vraisemblablement accompagné Jean Ier dans ses divers voyages (principalement des campagnes militaires) à travers l'Europe (en particulier à Prague). Il fut nommé chanoine de Verdun en 1330, d'Arras en 1332 et de Reims en 1333. Vers 1340, Machaut vivait à Reims, ayant renoncé à ses autres postes canoniaux à la demande du pape Benoît XII. En 1346, Jean Ier fut tué à la bataille de Crécy, et Machaut, qui était célèbre et très demandé, entra au service de divers seigneurs, parmi lesquels la fille de son ancien maître, Bonne de Luxembourg, Charles II de Navarre, Jean de Berry, et Charles, duc de Normandie, qui deviendrait le roi Charles V en 1364. Machaut survécut à la Peste noire qui dévasta l'Europe, et vécut ses dernières années à Reims, recopiant ses manuscrits et composant. Son poème Le Veoir Dit (vers 1364) est selon certains autobiographique, relatant une histoire d'amour tardive pour une jeune femme de 19 ans, Péronne d'Armentières, bien que cela soit contesté par d'autres. Quand il mourut en 1377, le poète Eustache Deschamps écrivit une complainte à la gloire du « maître de toute mélodie », qui fut mise en musique par Franciscus Andrieu.
L'œuvre lyrique de Guillaume de Machaut comprend près de 400 poèmes, dont 235 ballades, 76 rondeaux, 39 virelais, 24 lais, 10 complaintes et 7 chants royaux, et Machaut est pour beaucoup dans la codification et le perfectionnement de ces formes fixes. Une grande partie de sa production lyrique est insérée dans ses poèmes narratifs, ou dits, tels que Le Remède de Fortune et Le Voir Dit. Nombre de ces poèmes n'ont pas été mis en musique ; Machaut a clairement affirmé que pour lui, l'écriture du poème précédait toujours (et avait une plus grande importance que) la composition de la musique. Hormis ses motets en latin de nature religieuse, et quelques poèmes évoquant les horreurs de la guerre et de la captivité, l'essentiel de la poésie lyrique de Machaut a pour sujet l'amour courtois, et exprime la soumission à une dame, ainsi que les joies et les peines du poète. En termes techniques, Machaut était un maître des schémas rythmiques élaborés, et en cela un précurseur des Grands Rhétoriqueurs du XVe siècle. L'œuvre narratif de Machaut est dominé par le dit, un poème qui, comme son nom l'indique, n'était pas destiné à être chanté. Ces poèmes narratifs à la première personne (tous sauf un sont écrits en couplets d’octosyllabes à rimes plates, comme le roman de la même époque) suivent nombre des conventions du Roman de la Rose, comme le recours au rêve allégorique, à des personnages allégoriques, et la situation du narrateur, amant cherchant à revenir vers sa dame ou à la satisfaire. Machaut est également l'auteur d'une chronique poétique d'exploits guerriers (la Prise d'Alexandrie) et de poèmes de consolation et de philosophie morale. À la fin de sa vie, Machaut écrivit un traité poétique sur son métier (son Prologue). La poésie de Machaut a directement influencé de nombreux écrivains, dont Eustache Deschamps, Jean Froissart, Christine de Pisan, René Ier de Naples et Geoffrey Chaucer.

Principales œuvres narratives de Guillaume de Machaut :

Jugement dou Roy de Behaingne (Jugement du Roi de Bohême, fin des années 1330) - Le narrateur entend une conversation entre une dame (dont l'amant est mort) et un chevalier (trahi par sa dame) ; afin de déterminer lequel des deux est le plus malheureux, le narrateur va demander l'avis du roi de Bohême, qui consulte des allégories, et le chevalier malheureux est déclaré vainqueur (2079 vers).
Le Remède de Fortune (vers 1341) - Le narrateur se voit demander par sa dame si le poème qu'elle a trouvé est de lui ; il la fuit et arrive dans un jardin où Espérance le console et lui apprend comment être un bon amant ; il revient alors auprès de sa dame (environ 4300 vers ; sont insérés 8 poèmes lyriques, dont 7 mis en musique).

Dit dou Lyon (Dit du Lion, achevé le 3 avril 1342) - Le narrateur arrive sur une île magique où un lion le guide vers une belle dame ; un vieux chevalier s'approche du narrateur et lui révèle la signification de ce qu'il voit, puis lui donne des conseils pour être un meilleur amant.
Dit de l'Alérion, ou Dit des Quatre Oiseaux (avant 1349) - Un conte symbolique d'amour : le narrateur élève quatre oiseaux différents, mais chacun d'entre eux s'enfuit ; un jour, le premier oiseau, son favori, revient auprès de lui.

Jugement dou Roy de Navarre (vers 1349) - Suite du Jugement dou Roy de Behaingne : une dame reproche au narrateur d'avoir accordé le prix au chevalier ; le roi de Navarre est consulté, et condamne le poète (4212 vers).

Confort d'Ami (1357) - Dédiée à Charles II de Navarre, qui était prisonnier en France, cette consolation poétique donne des exemples (exempla) de force d'âme tirés de récits bibliques et classiques.
Dit de la Fonteinne amoureuse, ou Livre de Morphée (écrit pour Jean de Berry, vers 1360) - Le narrateur rencontre un amant désespéré qui doit se séparer de sa dame ; les deux hommes se rendent devant une fontaine magique où ils s'endorment, et en rêve la dame vient consoler son amant (2848 vers).

Le Veoir Dit (Le Voir Dit, le dit de la vérité, vers 1364) - Chef d'œuvre de Machaut, ce poème (parfois vu comme autobiographique) raconte la tristesse de la séparation d'un amant de sa dame (Toute-Belle) et les fausses rumeurs répandues sur lui ; des lettres en prose et des poèmes lyriques échangés par les amants malheureux sont intégrés dans le récit (près de 10000 vers).

Dit de la Fleur de Lis et de la Marguerite (vers 1369) - Récit amoureux en l'honneur du mariage de Philippe le Hardi (dont les armoiries sont semées de fleurs de lys) avec Marguerite de Flandre (416 vers).

Prise d'Alexandrie (vers 1370) - Récit poétique des exploits de Pierre de Lusignan, roi de Chypre, écrit après la mort de celui-ci à la demande de Charles V (près de 9000 vers).

Prologue - Conçue comme une préface à l'édition de ses œuvres réunies, qu'il rédige vers 1371, cette allégorie décrit les principes de Machaut en matière de poésie, musique et rhétorique ; il y célèbre ses deux sources d'inspiration, Nature et Amour ; Nature lui a donné trois enfants : Sens, qui tient son esprit informé, Rhétorique, qui lui enseigne l'art de construire, et Musique, qui « porte joie » partout où elle est ; Amour lui a donné trois autres enfants, Doux penser, Plaisance et Espérance : ce sont les thèmes sur lesquels vont travailler les dons de Nature.

Autres œuvres narratives :

Dit de la Marguerite (vers 1364)

Dit dou Cerf Blanc (vers 1364)

Dit de la Rose (après 1364)

Dit dou Cheval (vers 1370)

Dit dou Vergier

Dit de la Harpe

Son œuvre, variée et riche, est influencée par ses doutes sur les mutations de la société dans laquelle il vit. Il a raffiné l'émergence de la musique polyphonique sous la forme du rondeau et de la ballade. Sa Messe de Notre Dame en cinq parties est la première messe polyphonique connue écrite par un seul auteur et présentant, de mouvement en mouvement, des éléments musicaux communs qui donnent son unité à l'œuvre. Ses motets isorythmiques à 3 ou 4 voix illustrent notamment les innovations rythmiques de l'Ars Nova, rendue possible par l'évolution de la notation.

source : wikipédia

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