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 Domenico Cimarosa (1749 1801)

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calbo
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MessageSujet: Domenico Cimarosa (1749 1801)   Mer 11 Avr - 12:17

Fils d'un humble maçon et d'une lavandière, Domenico Cimarosa est né à Aversa le 17 décembre 1749. Ses parents s'installèrent à Naples en 1756. Il ne semble pas que la vocation musicale du petit enfant fût encore bien dessinée. C'est un hasard malheureux qui va lui permettre de recevoir une véritable formation dans le métier musical: celui de la mort de son père en 1759. Domenico est alors âgé de dix ans. Sa mère, sans ressources, est acueillie par les moines de San Severo en échange de travaux de blanchissage; et c'est l'organiste du couvent, le frère Polcano, qui, remarquant l'attrait du jeune garçon pour la musique et la grâce de sa voix, lui enseigne les bases du solfège. Cette prime formation une fois acquise, Domenico entre au conservatoire Santa Maria di Loreto, qui accueille, par tradition des orphelins. Là, il découvre les maîtres de l'heure: Fedele Fenaroli, pour le contrepoint et surtout Antonio Sacchini, pour l'harmonie. Sacchini est déjà une célébrité. Après avoir été lui-même formé dans ce conservatoire, il avait écrit des opéras pour les scènes de Venise, de Rome ou de Florence. Il devait finalement quitter Naples en 1769 pour prendre la direction de l'Ospedaletto de Venise. Cimarosa est à ce moment âgé de vingt ans. Bien que son instruction musicale soit achevée, il reste quelques temps à Santa Maria di Loreto comme préfet chargé de la formation vocale des plus jeunes. Il aurait pu continuer ainsi, apprécié par ses maîtres et ses élèves, mais modeste dans ses ambitions, si le hasard ne lui avait pas fait rencontrer une riche protectrice, Costanza Pallante, qui lui ouvre les chemins d'une plus vaste carrière. Non seulement Mme Pallante lui accorde sa fille, Gaetana, en mariage, mais elle lui permet, grâce à ses relations, de faire jouer en 1777 au Teatro dei Fiorentini son premier opéra, le Stravaganze del Conte, sur un livret de Pasquale Miliotti, complété par un petit intermède farceur intitulé le Magie di Merlina e Zoroastro. Ce théâtre, très en vue à Naples, est spécialisé dans le genre de l'opera buffa et accueille , du fait de ses prix très bas, un public populaire, c'est-à-dire exigeant, non quant à la qualité technique du texte ou de la musique mais quant à son efficacité distrayante. Le premier essai de Cimarosa n'est pas un coup de maître, mais il obtient auprès du public un bon succès d'estime. D'autres partitions suivent, une dizaine, qui ne font pas encore de Cimarosa l'un des héros des amateurs napolitains. En fait, il faut attendre 1777 et les Tre Amanti, et surtout l'Italiana in Londra de 1779, sur un livret de Guiseppe Petrosellini ( l'auteur du Barbier de Séville de Paisiello), pour que toute la ville en parle et que d'autres grandes scènes s'intéresse à Cimarosa, Rome tout d'abord, qui fait chanter le grand castrat Crescentini dans le rôle-titre de l'Italiana, puis la Scala de Milan en 1780. Après ces deux consécrations italiennes, l'oeuvre entame un tour d'Europe qui l'emmènera à Londres en passant par l'Allemagne et l'Autriche, avant de gagner la France et l'Espagne. Le petit élève du conservatoire de Santa Maria di Loreto est bien parti pour suivre les traces de son maître Sacchini.
L'année 1780 compte, dans la carrière de Cimarosa, parmi les plus fécondes et les plus décisives. En effet, tandis que la Scala accueille l'Italiana, Rome découvre une fantaisie en deux actes, le Donne rivali, à laquelle succède i Finiti Nobili, délicieuse comédie burlesque complétée par un intermède à la napolitaine intitulé Gli Sposi per accidente. Au cours de la même saison, le Teatro Alibert de Rome donne Ciao Mario, le premier opera seria du jeune maître, qui travaille aussitôt à une nouvelle oeuvre dans le genre bouffe, il Pittore Parigino, créée au début de l'année suivante et suivie à son tour d'un Alessandro nelle Indie, dans le faux genre historique, sur un livret de Métastase. La notorité de Cimarosa va se consolider hors des frontières italiennes grâce à sa brillante comédie sur un livret de Francesco Livigi, Giannina e Bernardone, créée en 1781, reprise par de nombreuses troupes ambulantes, et qui va bientôt connaître une première consécration européenne à Prague. L'intrigue, très théâtrale, fait rebondir les situations sur le thème central de la jalousie de Bernardo surveillant son épouse Giannina. Quant à l'écriture musicale, elle préfigure dans de nombreuses pages la verve rossinienne, notamment dans son étourdissant final. La patrie d'origine de Cimarosa, après ce coup de maître, ne peut pas faire moins que de lui commander une oeuvre nouvelle. C'est, en 1782, l'operia seria intitulé l'Eroe Cinese, sur un livret de Métastase, crée au San Carlo de Naples dans un délire d'enthousiasme. Les Fiorentini redemandent alors au compositeur quelques fantaisies comiques. Cimarosa leur livre coup sur coup en 1783 la Villana Riconosciuta et Chi dell' altrui si veste presto si spoglia, sur deux livrets du très fécond Francesco Palomba. Durant la même année, il Mercato di malmantile est donné à Florence et à Turin puis, l'année suivante, c'est l'Artaserse, sur un livret de Métastase, au Teatro Regio de Turin en présence du roi Vittorio Amadeo II. Après il Credulo Deluso (Naples, 1786) et l'Impresario in augustie (1787, adapté ensuite en allemand par Goethe lui-même), Cimarosa accepte l'une des invitations les plus flatteuses qui aient pu lui parvenir: celle de Catherine II de Russie, qui le demande comme directeur de l'opéra de Saint-Pétersbourg pour y prendre la suite d'un autre musicien napolitain:Giovanni Paisiello. Cimarosa s'y rend en quelques semaines d'une tournée triomphale, tant comme claveciniste que comme chanteur, qui le mène chez le grand-duc Léopold à Florence, chez la reine Marie-Amélie à Parme, chez l'empereur Joseph II à Vienne, et à Varsovie. C'est donc un artiste comblé qui débarque à Saint-Pétersbourg le 1er décembre 1787: il y assurera, quatre ans durant, les fonctions de responsable de la musique lyrique de la cour.
La vie musicale pétersbourgeoise ne se déroulera pas exactement comme Cimarosa l'espérait. Ses ouvrages comiques déplaisent à une partie de de l'aristocratie, et il doit redonner quelques anciens opere serie de son cru, auxquels il ajoute la Virgine del sole, sur un livret de Ferdinando Moretti, et une Cleopatra des plus conventionnelles. Puis, la liste civile de la couronne russe s'amenuisant, les chanteurs et les instrumentistes se voient congédiés. Plutôt que de travailler au rabais, Cimarosa préfère démissionner de son poste et quitter la capitale impériale. Reparti en 1791 sur les routes menant vers l'ouest de l'Europe, il en profite pour glaner quelques nouveaux succès, à Varsovie tout d'abord, puis à Vienne où les Italiens règnent en maître depuis la mort de Mozart et le départ de Haydn pour Londres. Il est mis en contact, à la demande de l'empereur Léopold II, avec un poète de la cour de Vienne, Giovanni Bertati, d'origine vénitienne. De leur collaboration va naître le chef-d'oeuvre qui immortalisera le nom de Cimarosa: il Matrimonio segreto. L'intrigue de cet opéra est reprise d'une comédie britannique de Colmann et Garrick intitulée The Clandestine Marriage (1766), adaptée en français en 1768 par Leboras de Mézière sous le titre de Sophie ou le mariage caché. Bertati en tira un livret fort habile, et Cimarosa une musique tout en finesse et ciselée pour l'épreuve du temps. L'empereur fit rejouer l'ouvrage le soir même de sa création au Burtheater de Vienne, le 7 février 1792. Jamais un ouvrage comique n'avait connu un tel triomphe, pas même ceux de Mozart. Même accueil à Naples, où les Fiorentini devront en donner cent dix représentations en cinq mois.Cimarosa est alors nommé organiste à la chapelle royale sicilienne. Les quelques opéras que le compositeur ajoute à cette époque à son catalogue, tels que l'Amore rende sagace ou Gli Orazi e i Curiazi, reçoivent un accueil mitigé Le Mariage secret est en fait le dernier grand ouvrage lyrique de son auteur, même si Bonaparte (et Stendhal, qui en cite un air dans la Chartreuse de Parme) va bientôt montrer un faible pour les Orazi. En 1799, l'arrivée des troupes françaises à Naples et la fondation de l'éphémère république Parthénopéenne voient Cimarosa du côté des antimonarchistes, pour lesquels il compose un hymne. Le retour des Bourbons lui vaut d'être jeté en prison. Après sa libération, il promènera à Padoue puis à Venise sa morosité et sa santé altérée. Il mourra le 11 janvier 1801 dans l'ancienne cité des Doges, alors qu'il travaillait à un dernier opera seria, Artemisia. Au bilan de l'oeuvre lyrique de Cimarosa, indispensable pont entre Mozart et Rossini, il faut ajouter d'innombrables sonates pour clavier et de la musique instrumentale écrites pour les cours de Naples et de Saint-Pétersbourg: concertos pour flûte ou clavecin, sinfonie tirées de ses opéras, etc., et enfin un Requiem donné à Saint-Pétersbourg rarement rejoué depuis, qui ne mérite pas cet injuste oubli.

source : http://membres.multimania.fr/musiqueclassique/compositeurs.htm

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