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 Arcangelo Corelli (1653 1713)

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calbo
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MessageSujet: Arcangelo Corelli (1653 1713)   Mer 11 Avr - 14:02

Parmi les musiciens de son époque, à la fin du XVIIè et au début du XVIIIè siècle Arcangelo Corelli fut l'un des rares compositeurs à ne pas être contraint à un rythme frénétique de travail. En effet, il bénéficiait du respect de toute l'Europe musicale, bien qu'il n'ait publié que très peu, de compositions ( son oeuvre ne compte que six numéros d'opus), et cela suffit à lui garantir le succès, les faveurs et le confort matériel. Ses prestations en tant que violoniste furent également rares (excepté à Rome) . Enfin il fut l'un des seuls parmi ses contemporains à n'écrire que de la musique instrumentale, évitant de toucher au genre très répandu du théâtre musical. Il est probable qu'il put observer cette rigueur dans la création grâce à la protection du cardinal Pietro Ottoboni, neveu du pape Alessandro VIII Ottoboni. Jouissant d'un tel appui, que le cardinal offrait à de nombreux artistes, le compositeur put habiter au cœur de Rome au Palazzo della Cancelleria, et eut la possibilité de se consacrer en toute tranquillité à son art. Il eut en fait un sort assez singulier pour l'époque : dans un milieu où la renommée des musiciens n'étaient qu'éphémère, son nom et son oeuvre furent longtemps les symboles de la perfection. Ainsi, plus de dix ans après sa mort, le nom de Corelli fut honoré avec solennité par un grand musicien français,François Couperin (1668- 1733). Celui-ci présenta deux compositions dans l'esprit et le goût du musicien italien : Le Parnasse ou l'Apothéose de Corelli et l'Apothéose de Lully. Le souvenir de se retrouvait dans une autre composition : Les Nations. Rappelons qu'en France, depuis un certain temps, avait éclaté une polémique sur le théâtre musical, à propos de la supériorité du style italien sur le style français. À l'origine de cette controverse, l'intransigeance des Français, qui n'acceptaient pas le livret, et donc l'action dramatique, puisse être adapté passivement aux exigences de la voix et de la mélodie. Deux écrivains, François Raguenet et Lecerf de La Viéville, se lancèrent dans la bataille, dans, rétrospectivement, Parallèle des Italiens et des Français en ce qui regarde la musique et les opéras (1702) et Comparaison entre la musique italienne et la musique française (1704). Du théâtre musical, la polémique s'était étendue à toute la musique italienne et française, et notamment à la musique instrumentale, qui était dominée par deux personnalités au caractère fondamentalement opposé : le Français d'origine florentine Jean- Baptiste Lully (1632 - 1687) et, précisément Corelli, ce dernier ayant fixé les formes de la sonate, de la sonate à trois et du concerto grosso, typique de la période baroque.
Si, en 1724 - 1725, en France, François Couperin lui consacrait une Apothéose, paraissait déjà en 1701 un recueil du musicien allemand Georg Muffat (1653 - 1704), dont les compositions étaient très nettement influencés par Corelli et son entourage. À vrai dire, la réputation de Corelli plus universelle aussi bien durant sa vie qu'après sa mort. Sa suprématie incontestée s'explique par un point essentiel : ses six recueils de compositions se présentent comme l'archétype absolu des formes musicales, qui vont des sonates à trois des quatre premiers recueils (la première est la troisième sont dictes d'église, la deuxième est la quatrième de chambre) aux sonates de pour violon solo et basse continue du cinquième recueil et au concerto grosso du sixième, en édition posthume.
Ces recueils, qui contiennent douze morceaux chacun, furent publiés, selon la terminologie de l'époque, sous le nom de opera, suivi d'un numéro qui respectait l'ordre chronologique de leur composition. Il s'agit d'éditions définitives, souvent réimprimées au cours des années suivantes. Comme il était d'usage, toutes ces compositions furent éditées après l'exécution que l'auteur en donna au cours de son activité de concertiste. Un grand nombre de personnes eurent donc l'occasion de les entendre avant qu'elles ne soient imprimées. La famille du compositeur était originaire du village de Fusignano, où Arcangelo naquit 17 février1653.. Cette petite ville appartenait au diocèse de Faenza, entre Bologne et Ravenne, et les Corelli étaient parmi les premiers a y avoir habité. Ils prétendaient, non sans fantaisie, de descendre de Coriolan, le héros romain, ou de la noble famille vénitienne des Correr. Ils n'en demeuraient pas moins puissants et riches, possédant alors de vastes terres et construisant de nombreuses églises alentour. Cette gens familia comptait également quatre poètes et... un condamné à mort, Rodolfo Corelli, coupable de rébellion contre son souverain (il fut jugé un an avant la naissance d'Arcangelo). Au sujet du jeune musicien, il perdit son père avant de naître et eut quatre frères aînés ( Ippolito, Domenico, Giovanni et Giacinto), de nombreuses et histoires ayant trait à sa vocation musicale circulèrent à travers les siècles. L'une d'elles ressemble étrangement à ce que l'on raconte sur Giuseppe Verdi. Dans une Histoire de Fusignano, écrite entre 1799 et 1813, l'abbé Laurenti relate la fascination d'Arcangelo pour les concerts liturgiques qui résonnaient dans la petite église de son village natal. Ses premières leçons de musique lui auraient été donnée par le curé d'une paroisse très éloignée, ce qui obligeait le jeune Corelli à effectué un long et pénible voyage. Lorsqu'il était fatigué, il s'asseyait à l'ombre d'un arbre et, de cet endroit, charmait du son de son violon tout le voisinage. La véritable histoire est beaucoup plus simple, comme en témoigne Crescimbeni, son confrère à l'Academia dell' Arcadia de Rome. Il raconte que Corelli reçu ses premières leçons de musique à Faenza, et qu'il poursuivit ensuite ses études de à Lucques et enfin à Bologne. C'est dans cette ville, où il étudia pendant quatre ans, que serait née et sa vocation de violoniste. Entre 1670 et 1675, les biographes perdent de toute trace de Corelli. Il semble qu'il ait vécu quelques temps à Fusignano avant de s'engager à Rome comme violoniste au théâtre Tor di Nona, Piazza Navona. Cette institution avait été réorganisée par le comte d'Alibert selon les vœux de la reine Christine de Suède. Certains biographes font également remonter à ces années un hypothétique voyage à Paris au cours duquel Corelli aurait rencontré Lully.
La présence de Corelli dans la Ville Éternelle est attestée dès 1675. En effet, son nom figure sur la liste officielle des musiciens qui prenaient part aux cérémonies solennelles en l'honneur de Saint Louis, en l'église Saint-Louis- des- Français, située non loin de la Piazza Navona. Dignitaires, ambassadeurs, nobles, clergé et princes de l' Église assistaient à la messe chantée et aux vêpres qui avaient lieu le 25 août. Corelli y jouait presque chaque année, au moins jusqu'en 1681. En 1679, il dirigea l'opéra Dove è amore è pièta de son ami Bernardo Pasquini (1637 - 1710) au théâtre Garmanica. Pasquini était le plus grande ville close de l'époque dans le domaine des instruments à clavier et était le digne représentant dune tradition qui remontait à Girolamo Frescobaldi (1583 - 1643), fondateur et initiateur de la littérature pour clavier en Italie. La représentation de l'opéra de Pasquini eut lieu le 6 janvier 1679. La même année, en juin, Corelli était toujours à Rome, comme en témoigne une lettre qu'il adressa au comte Fabrizio Laderchi, dans laquelle il parle de la composition d'une de ces sonate. Entre 1679 et 1681, une autre lacune apparaît dans la chronologie de la vie de Corelli. Certains biographes ont supposé qu'il aurait effectué des voyages dans différentes provinces allemandes, et en particulier auprès des princes électeurs de Bavière, à Munich, à Heidelberg, à Ansbach (auprès de l'électeur palatin), et enfin, à Hanovre. Il est toutefois peu probable que Corelli ait pu visiter tous ces lieux en un laps de temps aussi court, compte tenu de la distance qui sépare ces villes. Finalement, de 1681 à 1689, il s'installa à Rome, où il mena une vie sans contraintes: il n'avait pas de poste fixe, n'était au service ni des aristocrates ni des prélats et ne dépendait en fait d'aucune les institutions, et ce n'était qu'à l'occasion qu'il acceptait de donner quelques le concerts. La vie de Corelli s'était en fait stabilisée après l'avènement du pape Alessandro VIII Ottoboni, nomma, dès 7 novembre1689, son propre neveu cardinal et vice-chancelier de l'Eglise. Cette nomination eu un effet bénéfique sur la carrière de Corelli, car le jeune cardinal, féru d'art, mit immédiatement au point une véritable politique culturelle. Dans sa résidence, le Palazzo Navona, eurent lieu des soirées somptueuses. Corelli, tout en conservant son propre logement, fut hébergé au palais. Le poste de responsable permanent ou tout ce qui concerne la musique lui fut confié. La prédilection du cardinal pour Corelli était telle qu'il écrivit au gouverneur de Ferrare pour lui demander de protéger la famille du compositeur. Aucun musicien ne fut mieux traité que lui à une époque où se trouvaient également à Rome Pasquini, Alessandro Scarlatti, ainsi que le jeune Haendel, et effectuait un voyage d'étude. Alors que les compositions de Corelli commençaient à être publiées, le musicien fut nommé en 1700 à la tête de la Congrégation des musiciens de Rome, une institution fondée en 1584, et placée sous le patronage de Sainte Cécile. Le 26 avril 1706, il fut accueilli à l'Academia dell' Arcadia, où chacun un des membres avait coutume de prendre un pseudonyme grec correspondant aux noms des pasteurs de la région mythique d'Hellade: Corelli choisit celui de Arcomelo Erimanteo, alors que Scarlatti et Pasquini prirent respectivement ceux de Terpandro et de Protico.

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MessageSujet: Re: Arcangelo Corelli (1653 1713)   Mer 11 Avr - 14:03

Les compositions de Corelli, peu nombreuses, se résument à six recueils de douze morceaux chacun et apparurent dans cet ordre: les quatre premiers recueils de sonates à trois furent publiés en 1681, 1685 et 1694; le recueil de sonates (...) en 1700, alors que celui des concertos grossos fut édité après sa mort en 1714. Ces six recueils suffirent pourtant à définir universellement Corelli comme l'Orphée italien. Au regard de ses compositions, sa virtuosité au violon semble beaucoup plus discutable. Le voyageur, chroniqueur et historien de la musique Charles Burney (1726 - 1814) raconte, dans son Histoire générale de la musique, écrite vers la fin du XVIIIè siècle, qu'un de ses amis digne de foi avait accueilli un témoignage du violoniste et compositeur Francesco Geminiani (1687 - 1762), élève de Corelli. Celui-ci rencontrait Scarlatti, au cours de ces « compétitions» semblables à celles qui eurent lieu entre Haendel et Domenico Scarlatti, entre Wolfgang Amadeus Mozart et Muzio Clementi ou encore entre Liszt et Thalberg. Dans le cas qui nous intéresse, ce témoignage est d'autant plus précieux qu'on en sait peu sur le style et et la manière dont Corelli jouait du violon. Ainsi peut-on lire dans le texte de Burney: « Un des mes amis, très précis et intelligent, dont le jugement et la probité m'inspirent la plus grande confiance, eut une conversation avec Geminiani environ cinq ou six ans avant la mort de ce dernier. Quelqu'un projetait à cette époque d'écrire une histoire de la musique, et mon ami, pensant lui rendre service, à peine arrivé chez lui, nota les principaux arguments de cette conversation. Le projet d'histoire de la musique resta malheureusement sans lendemain: c'est ainsi que j'eus le privilège d'obtenir les anecdotes et les communications qu'il avait recueillies auprès de Geminiani. Étant donné qu'elles concernent Corelli et elles viennent d'un de ses plus prestigieux élèves, qui a vu et entendu ce qu'il raconte, je ne peux que les citer et moi-même. A une époque où Corelli avait atteint le sommet de sa gloire, sa réputation arriva à la cour de Naples et inspira au roi le désir de l'entendre; sur ordre de Sa Majesté, il fut invité à se présenter au palais. Malgré sa réticence, il finit par accepter, mais, par crainte d'être mal accompagné, il amène à avec lui ses propres musiciens, un second violon et un violoncelliste. A Naples, il rencontra Alessandro Scarlatti et de nombreux autres musiciens qui le prièrent de jouer un de ces concertos devant le roi. Dans un premier temps, il refusa, prétextant qu'il n'avait pas assez de temps pour faire répéter l'orchestre. A la fin, il accepta et, avec une grande appréhension, il interpréta son premier concerto. Avec une grande stupeur, il constata que les musiciens napolitains exécutaient ses concertos en les déchiffrant avec la même précision de son propre orchestre après de nombreuses répétitions. Il fut ensuite reçu par le roi, qui exprima le désir d'entendre ses sonates, mais le roi trouva l'adagio si long et si sec que, fatigué, il se retira, au grand désespoir de Corelli. On lui demanda ensuite de dirigé une oeuvre composée par Scarlatti, qui n'était pas un grand connaisseur du violon, avait écrit une partie maladroite et difficile dans le registre le plus aigu de l'instrument. Arrivé à ce passage, Corelli fit une erreur, sans réussir à se reprendre : il fut alors très surpris d'entendre que le premier violon napolitain, Petrillo, et les autres violoniste exécutaient ce passage sans aucune difficulté. Venait ensuite un aria en do mineur que Corelli attaqua en majeur. « Recommençons", dit calmement Scarlatti. Corelli attaqua de nouveau en majeur, au point que Scarlatti dut encore remettre le violoniste sur le droit chemin. Le pauvre Corelli fut peiné de cet affront et de la piètre prestation qu'il avait donné à Naples. Il retourna alors à Rome en silence. » En 1708 se répandit la nouvelle de la mort de Corelli. Alerté, le prince électeur Giovanni Gugliemo von Neuburg Wittelbach se renseigna, depuis Düsseldorf, auprès de son correspondant à Rome, le comte Antonio Maria Fede. Fede répondit immédiatement au prince que cette nouvelle était « archi-fausse ». Mais, en 1710, Corelli commença à éprouver quelques difficultés à assumer sa charge et, en 1712, il dut abandonner le Palazzio della Cancelleria et la cour du cardinal Ottoboni. Le 5 janvier 1713, il fit son testament et mourut trois jours plus tard sans que sa famille puisse rendre à son chevet. Deux années après sa disparition, le prince électeur palatin lui décerna le titre de marquis de Ladenburg, ainsi qu'on peut le lire sur sa pierre tombale. Plus encore que pour l'invention du concerto grosso- dont il est exagéré d'attribuer l'entière paternité à Corelli-, l'oeuvre du Bolonais marqua un tournant décisif dans le domaine de la tonalité : ses innovations inaugurèrent la période du baroque tardif. Corelli fut cependant le premier à s'avancer sur la voie du concerto de soliste.

source : http://membres.multimania.fr/musiqueclassique/compositeurs.htm

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