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 Pascal Dusapin

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calbo
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MessageSujet: Pascal Dusapin   Sam 3 Mar - 14:33

Pascal Dusapin, né en 1955, n’avait pas encore trente ans que déjà, il semblait évident de devoir en faire mention dans les nouveaux ouvrages qui avaient à traiter de l’histoire de la musique, et pas seulement contemporaine. Ainsi dans une Histoire de la Musique Occidentale dont je dirigeais les travaux, nous avions tenu à signaler " son œuvre déjà fort abondante dans des domaines divers (orchestre, petits ensembles, quatuors à cordes) qui se construit en un geste d’une grande concentration, libérant une grande énergie sonore ".
De 1978, et les premières œuvres données en concert, jusqu’à 1993 où j’écris ces lignes, en une quinzaine d’années d’un travail remarquablement régulier, Pascal Dusapin a accumulé environ soixante œuvres, qui s’inscrivent dans une trajectoire aux qualités singulières qui la définissent et signent son originalité : œuvres fortes en leurs structures, audacieuses dans leur conception, inventives en leurs jeux sonores.
En solos, duos, trios, quatuors, quintettes, sextuors ou petits ensembles, ce sont les cordes et les vents qui sont sollicités, mais aussi la voix (les voix) qui prennent naturellement place dans cette intimité conviviale, mêlée (ou mêlées) aux combinaisons instrumentales les plus diverses. Beaucoup d’œuvres sont ainsi prémices d’un large développement vers l’art lyrique. Niobé (1982), rassemblant un Soprano solo, 12 voix mixtes et 8 instrumentistes, ouvrait chez Dusapin la voie de la grande forme dans l’art lyrique, l’élégance et la force de l’écriture, la transparence et la richesse du matériau vocal, la cohérence structurelle de l’œuvre s’imposait d’emblée et laissait supposer que le compositeur allait bientôt compter comme un jeune héros en ce domaine difficile de l’art lyrique. L’" opéra non-opéra " Roméo & Juliette, puis La Melancholia, et Medea-material, œuvres nées depuis, n’ont fait que conforter ce jugement.
L’œuvre de Dusapin s’impose désormais de lui-même et le temps n’est plus de définir le compositeur par ses années de formation. Disons simplement que Bruckner compte parmi les musiciens du passé qui l’intriguent, que dans notre siècle il se dit redevable envers Varèse, Bério, Donatoni, Kagel, et bien entendu Xenakis de ce qu’il a pu apprendre de la musique et de son métier de compositeur.
Curieux de toutes les musiques, Pascal Dusapin aurait très bien pu s’orienter vers le Jazz qui le passionne ; indépendant, il refuse les écoles et les “théorisations” partisanes ; inventeur de ses formes et de ses sons il recherche constamment sa voie propre, celle qui sera susceptible d’exprimer sa pensée sur l’œuvre projetée dans les paramètres, structurels et sonores, les plus adéquats à son imaginaire.
Il arrive aussi à Dusapin d’user du dessin libérateur et de projeter sur le papier des partitions tourbillonnantes, qui parlent à l’œil, alliant ainsi la musique et le geste plastique.
La création de Pascal Dusapin se nourrit d’une culture très vaste qui englobe littérature et philosophie aussi bien que poésie et qui parcourt les siècles, des écrits de l’antiquité gréco-latine à nos plus modernes écrivains. Il n’est que de lire la liste des intitulés de ses œuvres et des textes utilisés comme soutien de celles qui réclament une participation vocale pour mesurer l’ampleur de ses connaissances. Le monde vient à lui de toutes parts, et il arrive aussi que l’on relève, entre les portées de partitions manuscrites, des annotations concernant l’histoire immédiate de notre quotidien.
Qu’il y ait chez Dusapin un très réel plaisir à faire de la musique est chose évidente, lui même n’hésite pas à parler d’une attitude ludique dans le geste de composer, que ses auditeurs reconnaissent en la brillance caractéristique de ses jeux sonores, de ses orchestrations. Veux t-on voir dans ce plaisir des timbres et des sons une filiation avec une certaine tradition française, il s’étonne et se rebiffe, là n’est pas son problème. Il va de l’avant, c’est tout.
Au siècle dernier, le grand violoniste Joseph Joachim avait livré sa devise " Libre mais seul " (Frei aber Einsam), ce à quoi son ami Johannes Brahms lui répondit par la sienne, " Libre mais joyeux " (Frei aber Froh). Il faut bien réunir les trois termes : libre, seul, joyeux, pour tenter d’approcher la réalité de la démarche créatrice de Pascal Dusapin.

source : http://www.mnl-paris.com/compositeurs2/dusapinpascal/dusapinbio.html

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