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 Alessandro Marcello (1684 1750)

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calbo
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MessageSujet: Alessandro Marcello (1684 1750)   Lun 16 Avr - 21:22

La noblesse vénitienne a toujours cultivé une catégorie de mélomanes tout à fait à part, celle des diletanti, dont firent partie les deux frères Alessandro et Benedetto Marcello. A l'inverse de son frère, Alessandro ne prit aucune part dans les affaires administratives ou politiques de la cité des Doges. Excellent violoniste, écrivain raffiné, peintre mathématicien et compositeur, il vécut et mourut dans sa ville natale; sa maison fut le lieu de rendez-vous de tout ce que le nord de l'Italie comptait de musiciens, d'artistes, de savants et de lettrés. La légende veut qu'il ait pris très jeune des leçons avec Tartini, dont il avait hérité la fameuse technique violonistique. Le simple rapprochement des dates de naissance rend cette dernière affirmation désuète: on devient virtuose à quinze ans et non à vint-cinq. La tradition du violon, à Venise, ne concerne pas seulement les professionnels de la musique ou l'aristocratie. Cet instrument est pratiqué partout chez les gondoliers, les commerçants ou les politiciens. Le musicographe britannique Charles Burney racontera quelques années plus tard comment il fut surpris, en arrivant à Venise, "d'entendre de la musique dans la rue, jouée par quatre musiciens ambulants, deux violons, un violoncelle et une voix. Et cela passait ici inaperçu, poursuivit-il, comme s'il s'était agit d'un vendeur de charbon ou un marchand d'huîtres en Angleterre. Ils étaient pourtant si excellents que dans n'importe quel autre pays d'Europe non seulement ils auraient attiré l'attention, mais ils auraient aussi suscité des applaudissements mérités. Les deux violons jouaient fort bien les passages les plus difficiles, le violoncelle jouait parfaitement juste, et la voix, celle d'une femme, était pure, bien posée, et possédait toutes les qualités propres à celle d'une cantatrice professionnelle: l'amplitude, l'agilité dans l'exécution des trilles et la légerté. Il m'est impossible de raconter tous les concerts de ce type que j'ai pu entendre ici, car ils furent tellement nombreux que je devrais me répéter jusqu'à l'ennui". Alessandro a attendu longtemps avant de prendre place dans l'histoire de la musique au côté de son frère Benedetto. Celui-ci doit une partie non négligeable de sa gloire à un concerto pour hautbois, cordes et basse continue en ré mineur qui fut, avec les concertos de Vivaldi, l'un des modèles de Bach dans son travail d'assimilation du style italien par le moyen de transcription pour orgue. Mais on a découvert récemment que ce concerto tant estimé par le maître allemand était en réalité une oeuvre d'Alessandro, publiée par ailleurs sous son prénom à Amsterdam en 1718, chez Jeanne Roger, dans un recueil de Concert a cinque signés par divers auteurs, dont Vivaldi et Albinoni. Cette attribution aurait pu être connue plus tôt si l'on avait fait attention au fait que le manuscrit du concerto pour clavier BWV 974 de Bach mentionne qu'il est tiré d'un certain Eterico Stinfalico, pseudonyme d'Alessandro Marcello dans l'académie romaine d'Arcadie. L'admission à l'académie de l'Arcadie, un cercle d'intellectuels réunis à Rome autour de la reine Christine de Suède, celle qui avait protégé Descartes en son temps, était un honneur assez recherché du fait du prestige immense de cette institution. On y défendait une conception très élitiste de l'art; et c'est pourquoi on comptait parmi ses membres, écrivains, poètes ou musiciens professionnels, des membres de l'aristocratie dilettanti dans un domaine artistique particulier. Tel était le cas d'Alessandro Marcello ou de son frère Benedetto, qui prit le pseudonyme de Driante Sacreo. Pour l'un et l'autre, les membres de l'aristocratie vénitienne, cette consécration romaine représentait l'épanouissement d'une longue tradition familiale d'éducation et de culture qui leur avait été transmise par leur père, Agostino, lui aussi excellent violoniste. Les Douze Cantates d'Eterico Stinfalico ont été publiées à Venise en 1708 et dédiées à la princesse Pauline Borghèse. Il s'agit d'un ensemble poétique et musical tout à fait caractéristique de l'Arcadie, où on éleva la cantate au rang de genre majeur de l'art musical baroque. A l'inverse d'Alessandro Scarlatti, qui écrivit des cantates comme son fils des sonates de clavecin, Marcello se limita à douze pièces; cet ensemble résume les différentes architectures admises comme nobles et accorde une large place à l'écriture vocale de type improvisé, destinée à souligner l'intérêt poétique du texte. Il faut voir dans cette orientation l'une des sources du développement du recitativo dans le style baroque et, plus tard, dans le style galant. Le besoin de s'adresser à la sensibilité plus qu'à la raison revient périodiquement dans les modes musicales. Enfin, on n'omettera pas de signaler, au titre des travaux poétiques de Marcello aîné, les quelques mille épigrammes en latin publiés à Paris sous le titre de Juveniles Joci (Jeux de jeunesse) ainsi que les deux cents et quelques sonnets parus à Venise sous le titre Ozj giovanili. Quant à la musique instrumentale d'Alessandro Marcello, elle est tout aussi limitée et concentrée que ses Cantates. Elle consiste en deux recueils parus à Augusta, en Allemagne, sous la signature d'Eterico Stinfalico: douze sonates pour violon seul et six concertos pour deux flûtes ou hautbois, basson, cordes et basse continue intitulés La Certa (" la Cithare" ; titre déjà utilisé par Vivaldi pour son recueil op. 9 de 1728). La sévérité du musicien vénitien s'épanouit dans ces deux recueils, qui prennent place, aux côtés des sonates de Corelli et des concertos de Vivaldi, parmi les oeuvres majeures du baroque musical italien.

source : http://membres.multimania.fr/musiqueclassique/compositeurs.htm

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