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 Trouvères et troubadours

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calbo
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MessageSujet: Trouvères et troubadours   Dim 22 Avr - 23:52

Un troubadour est un poète, un chanteur, durant le Moyen Âge, en Limousin, Guyenne et Provence, ainsi qu'en Catalogne et en Italie. Le terme troubadour est utilisé pour désigner les artistes s'exprimant en langue d'oc dans des règles métriques et de rimes très contraignantes et des conventions très précises d'adresse des poèmes définissant des genres distincts, qui ne tarde pas à créer un lexique propre à la langue poétique, avec ses termes de définitions constamment précisés par les débats de poètes et les arts poétiques qui font qu'on ne peut nullement l'assimiler à un des dialectes occitans (limousin, auvergnat, provençal...) quoi que cette langue ait été forgée pour qu'elle soit entendue et comprise de tous les locuteurs de ces parlers, dans un autre registre de son et de sens, la poésie. Cette situation est exactement celle de la langue poétique d'Homère et des différents dialectes helléniques. Il vient du verbe d'oc trobar, qui veut dire trouver. L’homologue féminin du troubadour est la trobairitz. C'est au XIIe siècle que naquit l'amour courtois (« fin' amor » en oc), dans la bouche de Guillaume IX de Poitiers, dit le Troubadour (1071-1127), par les troubadours eux-mêmes se donnant un père fondateur, très paradoxal: un personnage royal fictif sorti du Poitou, de la cour du légendaire roi Pétaud, grand-père tout ausiis fictif d'Aliénor d'Aquitaine ( et c'est la raison qu'eurent les troubadours de se donner cet ironique ancêtre à l'époque des contentieux la belle Aquitaine et le roi de France) et on ne peut plus trousseur de belles dames et de vilaines, aussi fauteur de troubles guerriers que peu en odeur de sainteté. Certains spécialistes pensent que la forme la plus ancienne, est la tenson, qui met aux prises deux troubadours, et qu'elle serait hérité des "convenentias", des déclarations publiques contradictoires qui réglaient les accords entre le peuple et les bannières seigneuriales, dans des circonstances festives. D'autres ont cherché leurs origines dans la poésie latine médiévale, les "tropes" carolingiens ou les "disputatios" scholastiques, mais la distance formelle et thématique est trop grande; bien au contraire par ses thèmes et ses agressions directes, la place du troubadour se définit par opposition au clerc scripteur d'un dire autorisé en une langue morte, le latin, quand le trobar est une composition orale "sens bruech de pergamin", sans bruit de parchemin, en langue vivante, que la poésie exalte et grandit. L'influence des thèmes amoureux radicaux (mourir d'amour) de la poésie-arabo-andalouse qui est très antérieure au trobar, mais dans une région où les contacts pas seulement guerriers sont permanents, et surtout de sa musique et de ses instruments, n'est en revanche contestée par personne. C'est donc une poésie composée oralement, que l'on écrit jamais, pas plus que sa ligne mélodique, qui n'a été transcrite que deux siècles plus tard, lorsque sa pratique était éteinte. Son apogée correspond à la période de la croisade des albigeois, qui n'interromp nullement l'intense production poétique, qui prend une coloration de combat véhément, mais toujours plein de verve et de raillerie, pendant les batailles perdues des hommes du sud, et une idéologie anti-cléricale, de définition de la place du poète en adversaire de l'homme de l'écrit, le clerc, n'étant pas plus tendre pour le clergé occitan que pour celui des envahisseurs parlant l'oïl. Après cette bataille perdue, les bûchers de l'Inquisition, vers 1260 ont découragé l'inspiration de la plupart des troubadours, dont beaucoup partent en exil au Portugal, en Catalogne, en Italie en diffusant leur art. Leur renommée, et la diffusion populaire de leurs œuvres qu'on trouve dans toutes les bouches et toutes les classes sociales, font qu'il deviennent une légende, qu'imite, bien plus tard, le Minnesanger allemand, et le trouvère, en remaniant complètement les conventions d'adresse et les figures imposées. A la différence du troubadour, le trouvère n'est pas un homme qui prend les risques de ses aventures amoureuses et de ses provocations politiques, vers lesquelles le pousse son inspiration poétique, l'épée à la main, il est au service d'un maître dont il sert la renommée et les entreprises amoureuses, l'envoi de la dernière strophe étant toujours au Prince, quand la tornada du sirventes qui accompagne la canzon est toujours un surprennant et mystérieux défi à plus fort que soi, dont les troubadours paient très souvent physiquement les conséquences. Empreint de valeurs héroïques propres à la chevalerie, son fin amor est souvent réaliste et franchement charnel, et toujours systématiquement adultère, mais évoque aussi des sentiments délicats. Les registres très satiriques et gaillards sont pratiqués par les troubadours et trobairitz les plus grands; mais ils sont en général expurgés des anthologies, ce qui a laissé se développer dans les années 30, une interprétation spiritualiste et néo-platonicienne des troubadours. Ce qui continue à laisser perplexe les spécialistes, c'est qu'il est très probable qu'une grande proportion d'entre eux aient été cathares, puisque certains seront surpris dans des réunions de ce type par l'Inquisition. Hors les poèmes n'ont pas la moindre teinture de ce que nous pensons avoir été l'univers mental de ce manichéisme, et les très peu nombreuses référence à l'univers religieux dans leurs poèmes, sont très conventionnellement obédientes, tout en agressant sauvagement les croisés de Simon de Montfort, les légats pontificaux, les moines, les évêques, et l'étrange figure de Foulque de Marseille, le traître qui fut excellent troubadour, puis évêque de Toulouse secondant l'Inquisition. Il est aussi possible que ce que nous connaissons du catharisme soit une construction, justement de l'Inquisition, et que le véritable litige de l'Eglise avec le Midi ait été cette supplantation des clercs par les poètes, dans la construction des valeurs d'une société.
la chanson (la plus courante) : cinq ou six couplets bâtis sur les mêmes rimes ; l'aube décrit avec brièveté le réveil des deux amants par le cri d'un guetteur ; la sérénade, dépeint les lamentations du chevalier amoureux ; les sirventés sont des satires plus politiques et morales ;
le planh est un chant de deuil ; le jeu parti et la tenson permettent à plusieurs troubadours de débattre des questions d'amour ; la pastourelle dépeint l'amour pour une bergère ; la ballade, destinée à être dansée.
La reine Aliénor, petite-fille de Guillaume IX, très cultivée, joua un rôle considérable dans la diffusion de l'idéologie de l'amour courtois.

source : wikipédia

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