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 Charles Parker Jr (1920 1955)

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calbo
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MessageSujet: Charles Parker Jr (1920 1955)   Jeu 3 Mai - 23:59

Charles Parker Jr, est un saxophoniste alto américain né le 29 août 1920 à Kansas City, mort le 12 mars 1955 à New York. D'abord appelé Yardbird (le bleu) au début de sa carrière, surnom dont l'origine se perd dans des dizaines d'explications différentes, son surnom sera ensuite raccourci en Bird (l'oiseau), qui le suivra tout au long de sa vie. Parker est considéré comme l'un des musiciens de jazz les plus doués et innovateurs de tous les temps. Il est souvent crédité comme étant l'inventeur du style be-bop, ce qui n'est probablement que partiellement exact. Décédé jeune au terme d'une vie aventureuse, il est l'objet d'une véritable légende, où il est souvent difficile de démêler le vrai du faux. Chaque année a lieu au mois d'août le Charlie Parker Festival, dans une galerie d'art, Tribes Gallery à New York (285 third street NY, NY).
Fils unique de Charlie Parker Senior, pianiste et danseur itinérant, puis steward dans les chemins de fer, et d'Addie Parker, le jeune Charlie chante dans la chorale de son école, puis se passionne pour le jazz, dont Kansas City est à l'époque la Mecque, en même temps que celle du jeu, de la prostitution, de la drogue et du trafic d'alcool - nous sommes sous la Prohibition. Dès 11 ans, Parker commence à jouer du saxophone, pour intégrer l'orchestre de son école à l'âge de 14 ans. De nombreux témoignages concordent pour affirmer qu'il ne fait montre dans ses jeunes années que d'un médiocre talent pour la musique, qu'il compense tant bien que mal par un enthousiasme débordant. Dans le Kansas City de cette époque, où les musiciens des grands orchestres de jazz comme celui de Count Basie luttent pour la reconnaissance dans des jam-sessions qui sont autant d'affrontements sans merci, un jeune saxophoniste sans expérience ni connaissances comme Charlie n'a que peu de chances de parvenir à percer. À l'âge de 17 ans, il parvient malgré tout à intégrer des orchestres de Kansas City pour quelques dates, et perfectionne sa technique naissante auprès de Buster Smith. Grand admirateur de Lester Young, alors le roi de la ville avec Coleman Hawkins, Charlie tente de les égaler en s'imposant dans les jam-sessions, mais ne parvient qu'à subir de cruelles humiliations. En 1937, il intègre finalement le groupe du pianiste Jay McShann, avec qui il tourne dans toute la région et jusqu'à New York, et enregistre ses premiers morceaux.
En 1939, Parker quitte Kansas City, dont la scène jazz s'essouffle, victime de l'abolition de la Prohibition qui ruine tripots clandestins, principaux employeurs de musiciens, pour gagner New York. Il y trouve un emploi de plongeur dans les cuisines d'un restaurant où joue régulièrement Art Tatum, génie du piano qui aura sur lui une influence considérable, notamment par son époustouflante maîtrise de l'harmonie. En 1942, Parker quitte le groupe de McShann pour jouer pendant 8 mois aux côtés de Earl Hines. On situe à cette époque les débuts du be-bop, bien que peu d'informations et aucun enregistrement - à cause d'une grève du syndicat des musiciens - ne puissent en témoigner. Il semble pourtant que ce style ait été inventé, ou tout du moins formalisé par un groupe de jeunes jazzmen dont Parker, qui a fait des progrès musicaux stupéfiants au cours des mois précédents, fait partie avec le trompettiste Dizzy Gillespie, le pianiste Thelonious Monk, le guitariste Charlie Christian et les batteurs Max Roach et Kenny Clarke. Elaborée au cours des jam-session d'après concert dans les clubs de la ville, cette nouvelle musique extrêmement complexe a pour but, comme le résuma plus tard Monk, de créer quelque chose "qu'ils ne puissent pas jouer", "ils" désignant les musiciens des grands orchestres, souvent blancs, qui pratiquaient une forme plus commerciale de Jazz. Pour cela, le be-bop allonge les temps d'improvisation dans les morceaux et accélère le tempo. Harmoniquement il intègre les gammes altérées dans le jeu et sort des cadres traditionnels d'improvisation tout en conservant les morceaux traditionnels du jazz. Le thème fétiche de Bird, Cherokee en est l'exemple le plus parfait dès 1947. C'est avec le be-bop que Charlie Parker deviend la légende que nous connaissons, et qui a parfois tendance à occulter la réalité de sa vie…
L'émergence subite et peu ou pas documentée du be-bop a donné lieu à de très nombreuses histoires, dont beaucoup furent colportées par les musiciens eux-mêmes. Ainsi Charlie Parker a raconté à un journaliste dans les années 50 que les principes de ce genre musical lui étaient venus subitement alors qu'il jouait Cherokee dans un club, lui dévoilant dans une sorte d'illumination une nouvelle manière de structurer ses solos qui lui permettrait enfin de jouer la musique qu'il avait dans la tête depuis des années. La réalité est sans doute plus prosaïque : le be-bop, art fondé sur l'improvisation, était déjà en gestation dans les jam-sessions acharnées des années 30 de Kansas City, à l'époque de la jeunesse de Charlie Parker. Au départ rejeté par les pointures du Jazz, ce genre n'a commencé à avoir un véritable impact majeur que fin 1945, avec le premier enregistrement du groupe de Dizzy Gillespie pour le label Savoy. Cette session, pompeusement surnommée depuis "la plus grande session de Jazz de tous les temps" a fourni nombre d'enregistrements mythiques, parmi lesquels Ko-Ko (basé sur les accords de Cherokee), Now's the Time, Billie's Bounce, et Thriving on a Riff. Avec cette session, le be-bop s'impose enfin comme un genre de Jazz à part entière, ce qu'il reste encore de nos jours.
Peu après cette fameuse session, le groupe de Gillespie et Parker se sépare, Charlie restant en Californie, où le groupe a joué quelques concerts qui ne se sont pas déroulés idéalement. L'une des raisons de ces deux événements est sans doute le comportement de plus en plus incontrôlable de Parker. En effet, le saxophoniste avait développé, dès ses années d'adolescence, une addiction profonde aux opiacés après un traitement à la morphine dans un hôpital. De la morphine il passa rapidement à l'héroïne, ce qui devait empoisonner sa vie et finalement causer son décès prématuré. Pire encore, cette dépendance, rapidement devenue de notoriété publique, poussa par la suite de nombreux jazzmen à se droguer eux-mêmes dans l'espoir de capter une étincelle du génie de Parker. Par la suite, le jazz resta associé aux narcotiques durant plusieurs décennies, ce qui a grandement contribué à détruire le mouvement be-bop dans son ensemble, et a coûté au jazz de nombreux musiciens de talent, abattus en pleine ascension par le cauchemar de l'héroïne. Les conséquences de cette addiction furent très graves pour Parker, souvent plus soucieux de se procurer ses doses que d'arriver à l'heure - ou même d'arriver tout court - aux concerts et sessions d'enregistrements. La fin des années 40 fut pour lui ponctuée par des annulations de concerts et une succession de péripéties tragi-comiques (incendies de lits d'hôtel, fuite dans la rue vêtu de ses seules chaussettes…) qui se terminèrent par un séjour de 6 semaines à l'hôpital psychiatrique de Camarillo.
À sa sortie d'hôpital en janvier 1947, Parker est en pleine forme, débarrassé de ses problèmes de drogue et prêt à se replonger dans la musique. Il produira les années suivantes quelques uns des plus grands disques de jazz de tous les temps pour les labels Savoy et Dial, dont certains avec ce qu'on surnomme depuis son "quintet classique", comprenant Miles Davis à la trompette, Duke Jordan au piano, Tommy Potter à la basse et Max Roach à la batterie. Appliquant à des chansons populaires américaines et à des blues son extraordinaire talent d'improvisateur, Parker produit à cette époque des morceaux d'une complexité mélodique stupéfiante mais qui ne perdent jamais de vue l'émotion. Ainsi, l'écoute de son chef-d'œuvre Parker's Mood reste aujourd'hui encore l'une des expériences musicales les plus profondes et émouvantes que puisse faire un amateur de Jazz. Au début des années 1950, Charlie Parker est le roi du jazz : ses disques se vendent très bien et son impact sur le monde du jazz est sans précédent depuis Louis Armstrong, plus de 20 ans plus tôt. Des armées de musiciens (et pas uniquement les saxophonistes), professionnels comme amateurs, imitent son jeu, parfois note à note, avec plus ou moins de bonheur. Même parmi ceux qui tentent d'échapper à son influence, très peu y parviendront, et cela est sans doute vrai de nombreux musiciens de jazz encore aujourd'hui. Dès 1946, il participe aux concerts du Jazz at the Philharmonic organisés par Norman Granz, il se produit alors aux côtés de l’idole de sa jeunesse, le saxophoniste Lester Young. Norman Granz le fait rapidement signer sur son label Verve. En novembre 1949, il enregistre accompagné d’un orchestre à cordes. Ces enregistrements controversés sont surtout la preuve de la curiosité et de l’admiration de Parker pour la musique classique occidentale. L’année suivante, il enregistre avec l’orchestre afro-cubain de Machito la mémorable "Afro-Cuban Suite". En 1951, à la suite de ses démêlés avec patrons et imprésarios, on lui retire sa carte de travail à New York pendant quinze mois, ce qui lui interdit de se produire dans les clubs. Cette même année, il retrouve ses vieux complices Dizzy Gillespie et Thelonious Monk pour l’enregistrement du disque "Bird & Diz". En 1953, malgré une santé déclinante, Charlie Parker montre qu’il est encore capable de fulgurances lors du concert historique du Massey Hall de Toronto où il est accompagné par Dizzy Gillespie à la trompette, Bud Powell au piano, Charles Mingus à la basse et Max Roach à la batterie. Après des années de starification parfois excessive, pendant lesquelles il ne parvint pas toujours à se tenir éloigné de l'héroïne ou à calmer ses pulsions autodestructrices, Charlie Parker meurt à New York chez la baronne Pannonica de Koenigswarter, alors qu'il regardait la télévision, à l'âge de seulement 34 ans. Sa mort sera officiellement attribuée à une pneumonie et un ulcère, elle est sans doute le résultat de ses excès avec l'alcool et la drogue. Le médecin légiste chargé d'examiner le corps le trouvera si abîmé et épuisé qu'il estime son âge entre 50 et 60 ans - une erreur de près de 20 ans! Charlie Parker laisse une veuve et deux enfants : Kim Parker, musicienne elle aussi, et Baird Parker, qui mourra pendant la guerre du Vietnam. Il laisse également des millions de fans orphelins. Pendant plusieurs mois suivant sa mort, les murs de New York seront couverts d'un graffiti énigmatique : Bird Lives! (littéralement 'L'oiseau vit').

source : wikipédia

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Charles Parker Jr (1920 1955)
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