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 Carlo Gesualdo (1566 1613)

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calbo
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MessageSujet: Carlo Gesualdo (1566 1613)   Lun 21 Mai - 11:26

Grand représentant, aux côtés de Luca Marenzio et Monteverdi, du madrigal italien de la Renaissance, Carlo Gesualdo, né le 8 mars (?) 1566 (?) et mort le 8 septembre 1613, a marqué l'histoire de la musique, tant par sa vie excessive que par ses compositions, parmi les plus innovantes de cette période. Carlo Gesualdo, prince de Venosa, naquit probablement à Naples, vers 1566, au sein d’une famille aristocratique ayant des liens étroits avec l’Église - on trouve, parmi ses oncles, les archevêques Alphonso Gesualdo et saint Charles Boromée, ainsi que le Pape Pie IV parmi ses grands-oncles. Son père s’entoura d’une sorte d’académie musicale, constituée entre autres des musiciens Dentice et Filomarino, et des théoriciens Effrem, Nenna, et Macque. Carlo Gesualdo fut ainsi initié dès son plus jeune âge à la musique - notamment au luth et à la composition - et en devint vite obsédé. Il composa tout d’abord sous le pseudonyme de Gioseppe Pilonij, mais la reconnaissance de son talent, et l’intérêt porté par le public, eurent raison de son anonymat.
Ce mariage avec Maria d’Avalose, fille du duc de Pescara et cousine du compositeur, se termina sordidement quatre ans après par l'assassinat de Maria et de son amant, et l’issue tragique de ces noces contribua à la postérité de Gesualdo, qui est devenu le compositeur meurtrier de l’histoire de la musique. Cette scène se déroula le 16 octobre 1590 : Gesualdo fit croire à une partie de chasse, et revint afin de surprendre sa femme en flagrant délit d'adultère avec Fabrizio Carafa, duc d’Andria, et de la punir. Le mythe veut que les blessures portées à Maria aient été uniquement à la région du bas-ventre, et que l’amant soit resté pendu jusqu’à ce que la pourriture trop avancée de son corps oblige Gesualdo à l’enterrer afin d’éviter une épidémie. Cette condamnation si sévère de l’adultère, autorisée à l'époque, l’obligea cependant à se retirer dans la ville de Gesualdo, dans son domaine, qu'il ne quitta plus guère, pour se prémunir de la colère d’une des deux familles.
Gesualdo épousa, en seconde noce, Leonora d'Este, nièce du Duc Alphonse II de Ferrare, en 1594, à Ferrare, où il rencontra Luzzasco Luzzaschi, qui l'influença (il fit paraître ses deux premiers livres de madrigaux cette même année.). Ce mariage fut un nouvel échec, à cause de l'infidélité de Gesualdo, qui alla jusqu'à partager sa couche avec un valet, et qui prit fin avec les scènes de flagellation qui contribuèrent à sa célébrité.
Gesualdo eut deux fils, dont un par mariage, qui mourront l’un après l’autre en bas âge. La mort du premier, par étouffement, serait imputable à Gesualdo. Celle du second, en octobre 1600, le marqua fortement, et pourrait être le point de départ des séances de pénitence si particulières, qu’il s'infligea par la suite.
Les crimes de Gesulado revinrent le hanter vers la fin de sa vie. La mort de son second fils fut-elle considérée par ce mystique comme l'œuvre de la justice divine, la condamnation de ses péchés, ce qui déclencha en lui le besoin d’expier ses fautes ? Cela expliquerait les pratiques masochistes, les scènes de flagellation avec de jeunes garçons pour, selon sa propre expression, « chasser les démons ». Dans le même esprit, Gesualdo, fort pieux, offrit à sa chapelle, après son double crime, un tableau sur le Jugement dernier où il s'était représenté suppliant le Christ, et dans lequel se trouvait également Marie-Madeleine (ayant eu des mœurs légères...). On peut ainsi retrouver, symbolisés, tous les autres protagonistes de ce crime. Carlo Gesualdo aurait été retrouvé mort, nu, le 8 septembre 1613, suite à une des séances de pénitence, au caractère si particulier, qu'il affectionnait. Selon certaines sources, cette mort aurait pu être volontaire, désirée - entre autre - par ces éphèbes qui étaient forcés à se prêter aux séances de flagellation. Son rang et les liens de sa famille avec l’Église lui permirent de mener sa vie et ses compositions, pour le moins originales et dérangeantes, sans aucune forme de censure et en toute impunité. Ses compositions sortent des canons de l’époque, car Gesualdo n’avait à plaire à personne d’autre qu'à lui-même, ce qui donna au final l’une des œuvres les plus originales, étranges et surprenantes de la Renaissance.
Gesualdo est cependant un compositeur « traditionnel ». À la différence de Monteverdi, son contemporain, véritable charnière entre Renaissance et Baroque, considéré comme le père de l’opéra, chez lequel on voit, par exemple, une révolution entre les premiers livres de madrigaux, a capella, et les derniers, au style déconcertant (qui n’ont pour tout dire plus aucun point commun avec les premiers), Gesualdo n’a pas modifié les formes préexistantes. Il a composé à la manière vieillissante de l’époque, mais avec un style très personnel, reflétant sa personnalité exacerbée : riche en chromatismes, en dissonances et en ruptures rythmiques.
Gesualdo mettait un grand soin dans le choix des textes de ses madrigaux, qui ont souvent un lien avec les épisodes de sa vie. Il trouvait les poèmes à illustrer chez Le Tasse, par exemple, son ami, excessif et passionné comme lui, à qui il doit neuf madrigaux, et qui finira fou. Sa musique colle au texte, l’accompagne, et peut passer d’un extrême à l'autre (de la lumière à l’obscurité, de la joie à la tristesse, avec les changements adéquats au niveau de l'harmonie, du tempo) en quelques notes, si le texte l'exige - ce qui est à l'opposé des goûts de l'époque, où les mélodies se devaient principalement d’être belles, et pouvaient se plaquer sur n’importe quel texte (ou presque). Gesualdo a également puisé dans les textes de Giovanni Battista Guarini.
Luzzasco Luzzaschi, qu’il a connu pendant son deuxième mariage, a probablement influencé Gesualdo dans sa manière « expressionniste » de composition de madrigaux, à la musique proche du texte, à partir de son quatrième livre de madrigaux. À Ferrare se trouvaient également Le Tasse et le Concerto delle Donne, qui ont été de quelque importance dans la manière de composer de Gesualdo. D’autre part, Gesualdo fit une escale à Florence, au cours d'un voyage à Ferrare, et il est possible qu’il entretint alors des relations avec la camerata Bardi.
N’étant nullement tenu de composer de la musique religieuse, du fait de son rang et de ses protections, on pourrait s’étonner, après avoir lu l’histoire de sa vie, si éloignée de celle attendue d’un croyant, et après avoir écouté ses œuvres profanes, si sensuelles, de trouver des œuvres sacrées au catalogue de Gesualdo. Leur existence ne peut s’expliquer que par un besoin, un choix personnel, Gesualdo étant aussi passionné dans ses amours profanes que dans son amour de Dieu.

Des œuvres sacrées de Gesualdo : deux livres de Sacræ Cantiones (cinq à sept voix); des Respons des Ténèbres pour la semaine sainte; quatre motets à Marie.
Œuvre profane : Les madrigaux de Gesualdo, au contenu sensuel contrastant avec sa musique sacrée, sont à l'origine de sa postérité. On distingue ses quatre premiers livres de madrigaux à cinq voix, à l'écriture conventionnelle, au style proche de ceux de Marenzio et des débuts de Monteverdi, des œuvres ultérieures, riches en nouvelles harmonies, en chromatisme, et subordonnées au texte. Citons, entre autre : six livres de madrigaux à cinq voix (1594-1611); un livre de madrigaux à six voix, posthume (1626).
Les regards portés sur Gesualdo ont grandement changé à l’aube du XXe siècle. De compositeur marginal, déséquilibré, sombrant petit à petit dans l’oubli, il est devenu le visionnaire, le premier, 300 ans avant Wagner et les compositeurs modernes, à faire un usage important du chromatisme, des dissonances, des contrastes extrêmes et des ruptures rythmiques. La vie et l’œuvre de Gesualdo ont de ce fait inspiré les auteurs du XXe siècle. Ainsi, Alfred Schnittke a écrit un opéra dans lequel Gesualdo joue un rôle principal, tandis que Stravinski composa un Monumentum pro Gesualdo à son honneur. Enfin, Anatole France évoqua le meurtre de la première femme de Gesualdo dans Le Puits de Sainte-Claire (1875), sa vie fut ensuite romancée dans Le Témoin de poussière de Michel Breitman (prix des Deux-Magots 1986) et racontée dans Mort a cinq voix documentaire réalisé par Werner Herzog en 1995.

source : wikipédia

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